Calendrier

« mars 2008
lunmarmerjeuvensamdim
12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31

mercredi 26 mars 2008

J.O. de Pékin


Alors que les J.O de Pékin vont bientôt commencer, on emprisonne encore les journalistes et les "éléments subversifs" en Chine tout comme on réprime le Tibet.
Puisque la télé chinoise s'assure qu'aucun trouble ne sera visible par son peuple en diffusant avec un très léger différé, pourquoi ne demanderait-on pas aux athlètes de porter un brassard pendant les jeux? Quelque chose qu'aucune télévision au monde ne pourrait masquer à moins de couper l'image à un pays entier...

mardi 12 juin 2007

Aidez la lutte contre la maladie l'Alzheimer

23 artistes se regroupent autour d'une chanson de Cedric Barré pour lutter contre la maladie d'Alzheimer.

Le single est en vente sur les plateformes de téléchargement légal depuis le 15 Juin 2007.

Tous les bénéfices iront à la lutte contre la maladie.

Chacun a apporté sa pierre, la mienne a été de réaliser le clip.

Aidez-nous à faire progresser la recherche!

dimanche 17 décembre 2006

Commander "Les Années Sitcom"

Vous pouvez dès aujourd'hui commander le livre au numéro ci-dessous ou dans votre librairie habituelle.
Il est également disponible sur le site web de la fnac (www.fnac.com) et sur Amazon (www.amazon.fr)
Bonne lecture!!!



samedi 28 octobre 2006

Les Années Sitcom en vente dans le courant du mois de Décembre!

Le livre, édité par Mediacom Promotion, sortira courant décembre.

Nous avons pris un peu de retard sur la date de sortie prévue, mais quoiqu'il en soit, il sera là avant Noël!

Je vous donnerai plus d'infos dans les jours qui viennent...

mercredi 4 octobre 2006

Un éditeur!

Les dernières pages à peine écrite, un éditeur vient de me proposer de travailler avec lui.

"Les Années Sitcom" va donc passer du stade de blog, comme vous l'avez connu depuis maintenant un peu plus d'un an au stade de livre. Un vrai livre! Bien sûr, il faut quelques préparations afin de réussir l'aventure. Trouver la bonne courverture, corriger le texte, faire les modifications de dernière minute.

Ce livre sera en vente également directement depuis le site. Je vous tiendrais au courant.
Merci à vous de votre fidélité, c'est grace à vous et au presque 3 trois millions de pages vues du site que cette aventure continue!

mercredi 14 juin 2006

1 an déjà.

Voici un an, la toute première version de ce blog ouvrait ses pages.

Sans savoir exactement quelle direction il allait prendre, je suivais la mode, fortement influencé par un pillier de 20six: ToutMusicalement.

Après un départ à vide, j'ai ressorti de mes cartons les premiers chapîtres des "Années Sitcom" et sans le moindre lancement officiel, la fréquentation du blog s'est envolée, me poussant à reprendre la plume pratiquement dix ans après avoir commencé.

Aujourd'hui, après plus de deux millions de pages vues et le passage par plusieurs hébergeurs ainsi qu'avec l'aide précieuse de ComWith, 23 chapîtres sont en ligne. 7 ou 8 sont encore en chantier et quelques contacts avec des éditeurs sont pris.

Merci à tous de votre fidélité.

lundi 9 janvier 2006

Nouveau serveur

Salut à toutes et à tous,

Nous venons de changer d'hébergeur. Mille excuses à nouveau, mais le forum est à nouveau en ligne et Tête travaille dessus afin de vous le rendre disponible dans les plus brefs délais.

@ très vite

lundi 2 janvier 2006

2006

2006 est là, adieu 2005!
J'avais quelque peu délaissé le blog ces dernières semaines, mais je travaille tout de même dessus, même si il n'y a pa seu de nouveau chapître depuis longtemps.
J'espère pouvoir vous donner de la lecture dans les jours à venir. D'ici là, en attendant, n'oubliez pas que les anciens chapitres sont consultables à la rubrique "Gueule de Sitcom"par le biais du calendrier ou par le fil RSS.
Bonne Année à toutes et à tous

Fabien

mardi 11 octobre 2005

Jeudi matin, interview sur Fréquence 3

Jeudi 13 Ocotbre, je suis invité à la matinale de la webradio Frequence 3 de sept heures à neuf heures. Si vous voulez suivre l'émission, il faut se connecter sur le site http://www.frequence3.fr et choisir le débit qui vous intéresse. Le flux est lisible par iTunes© ou tout autre logiciel de lecture mp3.

mardi 20 septembre 2005

On parle de nous

Un petit article sur mon blog va paraître dans un prochain numéro de TVSD. Que la presse commence à en parler, c'est plutôt bon signe et c'est grace à vous! Bon, faut que je me remette à écrire, moi!!!

lundi 19 septembre 2005

En attendant

En attendant de vous livre un peu de lecture, je profite du temps qui nous est donné pour vous inviter à aller voir le site de Doriand que j'ai mis en lien. J'adore Doriand. C'est un mec sympa. Ses chansons sont belles et sous une fausse simplicité on découvre des textes intelligents et on n'a pas ce plaisir tous les jours. Je ne peux que vous conseiller son dernier album qui a déjà un an, mais qui est toujours dans les bacs.

Bienvenue!

Bienvenue chez vous! Mon blog est désormais ici et l'aventure va continuer. Je remercie chaleureusement Laurent de ComWith pour le travail effectué pour la mise en place du site et du blog. C'est un bon, n'hésitez pas à faire appel à lui si vous avez un site à faire. Merci Lolo! Et maintenant, en route vers de nouvelles aventures. Je vais tenter de poser de nouveaux chapitres le plus vite possible. Je travail actuellement sur 3 nouveaux: un sur les festivals, un sur ceux dont je n'ai pas encore parlé et et un sur Justine. A très vite

mardi 9 août 2005

15- Annette et François

Jérôme et Justine étant deux personnages relativement conventionnels, ils avaient besoin d’un alter ego comique. Chacun.
Pour Justine, ce fut Annette, pour Jérôme, François.

Magalie, qui jouait Annette avait su imposer son personnage à Jean-Luc qui cherchait quelqu’un susceptible de zozoter. Sachant que sur la longueur, le zozotement , Magalie avait passé la casting en parlant avec une toute petite voix. Elle allait rapidement remporter l’adhésion de Jean-Luc qui trouva l’idée amusante. Annette devint donc ce personnage mi-jeune fille, mi-petite fille, dont le corps avait grandi plus rapidement que les idées et la voix.
Fan de Roch Voisine et de sa guitare, secrètement amoureuse de Jérôme et de tous les garçons qui passent, Annette, éternelle victime de sa trop grande gentillesse et de sa naïveté était la clé de nombre d’épisodes.
François qui au départ était l’équivalent d’Annette en garçon évolua rapidement vers un personnage véritablement dingue. Boris, qui jouait Françoit réussit à vaincre sa timidité naturelle pour imposer ce personnage farfelu, que les auteurs se plaisaient à faire vivre des situations de moins en moins crédibles.

Boris était un garçon un peu « à part » sur le plateau de Premiers Baisers ; lycéen, plus jeune que la majorité d’entre-nous, très à cheval sur les principes et d’une timidité excessive. Il devint rapidement la tête de turc de notre petit groupe tant son comportement nous paraissait décalé.
Boris ne supportait pas les blagues un peu « déplacées » à son goût. Il détestait les scènes dans lesquelles il devait embrasser une fille et nous découvrîmes rapidement que lors de ces scènes, il tenait caché dans sa main un mouchoir afin de discrètement s’essuyer la bouche après l’ « horreur » accomplie.
Heureusement, ou malheureusement pour lui, l’essentiel de ses conquêtes de limitait à Annette qui décida de s’amuser à ses dépends. Boris se retrouva donc régulièrement avec un chewing-gum qui n’était pas le sien dans la bouche après des scènes de baiser, ce qui le faisait hurler à la machination et au complot.
Il devint la victime attitrée de toutes nos mauvaises blagues dont il courrait se plaindre dès qu’il en avait l’occasion à la production.
C’est ainsi qu’il se retrouva obligé de terminer une scène dans laquelle il portait dans son sac un gueuse de 25 kilos, sorte d’enclume destinée à lester les pieds de projecteurs, que nous avions dissimulé dedans à son insu après les répétitions.
Petit à petit la tension commença à monter. Les blagues laissèrent place à de plus en plus d’agressivité. Boris se posait en victime, ce qui avec le recul était un peu vrai, mais nous paraissait improbable à l’époque tant nous avions l’impression d’être provoqués par ses attitudes hautaines et se remarques déplacées. Un soir, alors que la tension était à son comble suite à une altercation verbale sur le plateau, je l’empoignais et menaçais de le frapper.
Un assistant son au gabarit impressionnant me souleva de terre au moment où mon point partait. Boris évita de peu le coup. Le tournage fût interrompu. Une réunion de crise fût organisée durant laquelle Jean-Luc calma Boris et lui fit comprendre que nul n’était indispensable.
Il me demanda également d’être un peu plus « cool » à l’avenir.

Cette altercation eut un effet bénéfique sur nos relations. Boris comprit que personne ne lui en voulait. C’est à ce moment qu’il commença à véritablement s’amuser avec son personnage et en faire ce doux dingue dont personne ne réussit véritablement à prendre la place lors de son départ, malgré les différents personnage créés par Jean-Luc pour tenter de le remplacer.
Car Boris fût le premier à quitter la série. Depuis longtemps il disait que les épreuves du bac sonneraient pour lui la fin des tournages. Il se tint à cette résolution et ne fit pas partie des pleurnichards qui revinrent en rampant après quelques semaines loin des plateaux d’AB.

Il se destinait à HEC. Je ne sais pas si il y parvint. Il est aujourd’hui psychanalyste, d’après ce que j’ai pu lire à son propos sur le web…

Annette évolua également au fur et à mesure des épisodes.
La grande révolution de son personnage fut l’épisode dans lequel elle coupa ses tresses. A partir de ce moment, Magalie commença une évolution en douceur qui débuta par une coupe au carré et par une baisse progressive de la hauteur de sa voix. Magalie se plaignait souvent de maux de gorges après une journée passée à parler sur ce ton, elle avait donc décidé d’elle même ce changement.
Bizarrement, cette transformation passa quasiment inaperçue. Pour le public, Annette restait la blonde à tresses avec sa petite voix.
Lors du passage de Premiers Baisers aux Années Fac, Annette abandonna son statut au profit de métiers les plus divers et variés. De serveuse à la cafète, à vendeuse de vêtements dans une boutique, Annette avait cet avantage sur nos personnages plus conventionnels que comme François, on pouvait lui faire faire à peu près n’importe quoi.

Magalie promena son personnage sur presque toute la durée de la série, ne disparaissant que quelques semaines pour être remplacé par un clone raté.

Magalie, crinière de lionne dans la vie appréciait de ne pas être trop reconnue malgré le succès de la série, du fait de sa transformation physique nécessaire pour incarner son personnage. Elle n’avait pas grand chose à voir avec celui-ci.
Magalie était une fonceuse, fan de hard-rock qui vivait à l’époque avec Joël qui rejoint la série durant quelques mois. Il joua tout naturellement le petit ami d’Annette, relation qui prit fin lorsque la relation entre Joël et Magalie s’arrêta.

Magalie était la plus bohème d’entre nous. Elle n’aimait guère l’ambiance Show-biz et vivait à des années lumières des paillettes de ce métier et de ce qu’était son personnage. Toujours partante pour dire ce qu’elle pensait lorsque nous avions un problème sur le plateau, elle ne se laissait pas faire et tenait tête à n’importe qui chez AB si sa cause lui semblait justifiée.
Magalie était une des rares personnes que je voyais de temps en temps en dehors du tournage bien que je n’appréciais qu’à moitié son entourage. Mais j’appréciais sa franchise et son naturel et les quelques rares différents qui nous opposèrent restèrent sans importance. Pourtant, malgré cela, dès la fin de la série, Magalie disparut de mon entourage.
L’un comme l’autre aspirions certainement à un peu de changement.

Le personnage d’Annette, jugé trop marqué et trop enfantin, ne survécut pas au passage des Années Fac aux Années Bleues, suite ratée qui ne dura que quelques épisodes.

12- Premiers Ragots

« Je ne savais pas que tu faisais du sport à l’Aquaboulevard et que tu roulais avec un scooter beige… » David, l’ami qui me réveillait par cette petite phrase dite au téléphone était photographe dans une agence de presse. Nous nous étions connus au lycée, et nos relations, bien qu’épisodiques étaient très bonnes. Nous avions travaillé ensemble à plusieurs reprises et cela s’était toujours passé dans la décontraction la plus totale. Mais il ne rêvait que d’une chose, nous photographier mon amie et moi. Quoi de plus vendeur en effet que deux comédiens vivant ensemble alors qu’ils travaillent sur des séries concurrentes ? Mais mon amie refusait toute tentative, quel que soit l’agence ou le photographe. On nous proposait des destinations de rêve qu’elle refusait. J’en étais arrivé à lui passer directement le téléphone dès qu’un photographe ou une agence téléphonait à la maison. Mais avec David, les choses étaient différentes. Il essayait de protéger « son » reportage et me tenait au courant de tout ce que les autres photographes tentaient afin de nous avoir en photo tous les deux. J’aurais aimé pouvoir lui donner la priorité si elle avait accepté de poser avec moi. Il me fixait rendez-vous pour l’après-midi, refusant de m’en dire plus par téléphone. Le rendez-vous était fixé dans un bar de la porte de Saint-Cloud. J’arrivais un peu en avance et commandais un café. David, l’ai préoccupé fit son entrée dans le bar et vint s’asseoir en face de moi. - Comment sais-tu que j’ai un scooter beige et que je vais à l’Aquaboulevard ? - J’ai vu des photos. Je crois que j’ai eu du mal à retenir ma surprise. Des photos, quelles photos, je n’ai pas fait de photos à l’Aquaboulevard et encore moins avec mon scooter… - C’est difficile pour moi de te dire ça, mais tu es suivi depuis plus d’un mois par un paparazzi. Ils te veulent toi et Christine. Depuis le temps que les propositions tombaient et que nous les refusiions, il était évident que ça devait arriver. Leur but était de nous avoir en photo main dans la main ou en train de nous embrasser, mais ils n’avaient rien pour l’instant. Juste de vagues photos de nous en scooter avec le casque et les lunettes de soleil, ce qui n’est pas très vendeur. L’intéressant de la démarche était de savoir où ils étaient cachés, mais jamais au cours de cette période je n’aurais pu soupçonner quoi que ce soit. L’extrême discrétion dont ils firent preuve me fit même douter de leur existence. Je ne vis jamais le moindre reflet de lumière dans un objectif ou la moindre voiture qui nous suivait. Bref, ces photos restèrent un mystère. Il n’y a que dans les films que les paparazzis se laissent voir. Mais ce fut le moment que les journaux choisirent pour renouveler leurs propositions. En vain. Je refusais les premières propositions poliment, puis, lorsque vinrent les propositions de photos aux Philippines ou a Hawaï, je tendais le téléphone à mon amie, la chargeant de refuser elle-même et d’expliquer ses pauvres arguments à un rédacteur qui était prêt à tout pour nous avoir. En fait, je compris plus tard qu’elle ne voulait pas que nous soyions assimilés l’un à l’autre, tant elle espérait protéger sa petite célébrité. Seule la rédactrice en chef de Salut ! réussit à la faire changer d’avis. Elle nous proposait un reportage à New York pendant quatre jours, dans lequel aucune allusion à notre vie commune ne serait faite. L’article serait tourné de telle sorte que l’on aurait l’impression qu’elle était partie avec le journal à New York et que l’on se serait croisé par hasard au pied de la Statue de la Liberté. Je jugeais le procédé ridicule, d’autant plus que d’autres propositions de voyages me tentaient plus, mais ce fût le seul moyen de la faire plier. Nous partîmes donc quatre jours à New York, accompagnés de la rédactrice du journal et de Bernard Mouillon, photographe transfuge d’AB qui avait préféré rejoindre la concurrence, plutôt que de végéter au Dorothée Magazine et à Club Plus pour un salaire ridicule. A New-York, je fus frappé par l’impression d’être « entré dans le film ». Tous ces bruits que l’on entend depuis des années à la télévision ou au cinéma deviennent soudain réels, et cette ambiance que l’on connait par l’intermédiaire des haut-parleurs vous entoure soudain. Vous êtes immergé dedans. Je connaissais assez bien, Nicole, la rédactrice, pour être allé faire des photos avec Camille pour le Journal Salut ! lors du trophée des Byblos à Courchevel, trophée qui réunit autour d’Eddy Barclay, un certain nombre de personnalités du show-biz dans une pseudo compétition de sport et de déconnade. J’avais ensuite eu des contacts réguliers avec elle, lors de séances photos ou de ses quelques passages sur les plateaux d’AB. Elle avait dû chercher tous les moyens possibles pour essayer de convaincre Christine de se laisser photographier avec moi, et elle avait eu le coup de génie auquel personne n’avait pensé. Bernard Mouillon multiplia les prises de vue alors que nous sillonnions New York en long en large et en travers. Dans Central Park nous avons retrouvé une équipe de « Sacrée Soirée » venue interviewer Laura Pausini, Philippe Candeloro et Tonton David. Ce fut l’occasion pour moi de faire la connaissance de Bruno, attaché de presse, qui devint un ami. Bruno me fit découvrir les Festivals et je l’en remercie. En quatre jours nous avons du faire ce que font les touristes en quinze jour. Je crois que pas un lieu remarquable n’a échappé à l’objectif de Bernard. Je rentrais de ces quatre jours éreinté. L’avion atterrît le samedi à 8h30 à Roissy, je tournais ce jour là. J’étais convoqué à neuf heures. Je pris tout de même le temps de repasser chez moi me doucher et me changer. J’arrivais en retard de presque une heure, les yeux au milieu de la figure. La maquilleuse entreprît un véritable travail de camouflage. Les photos parurent rapidement. Nicole était ravie. Christine se demandait si elle n’avait pas fait une bétise. Pour ma part, je n’avais pas le temps d’en penser quoique ce soit. Les tournages continuaient à leur rythme habituel, si on peut vraiment parler de rythme tant les dates de tournage changeaient en permanence…

lundi 8 août 2005

6- Première Diffusion

Début du mois de décembre 1991. Après dix mois de tournage, la date de la diffusion du premier épisode de Premiers Baisers nous est dévoilée. Le verdict sera sans pitié. Si le public est au rendez-vous, nous continuerons, si personne ne nous regarde, nous arrêterons aussi sec le tournage. Sur le plateau, on ressent une tension, autant de la part des comédiens que des techniciens. Nous pensons tous que l’échec nous attend et nous nous préparons au pire. Je suis prêt à parier que ce jour là, ni les uns ni les autres n’ont passé une journée tranquille. Et la tension est montée au fur et à mesure que les heures s’écoulaient. La chaîne diffusait une bande annonce depuis déjà plus d’une semaine, ne faisant que rajouter à la tension générale. Chacun y allait de son commentaire, se demandant pourquoi tel extrait avait été choisi plutôt que tel autre. Personne ne pouvait se vanter d’être objectif, mais nous étions tous d’accord sur au moins une chose, ça ne marcherait pas. Préférant rester chacun chez nous le jour dit, nous avons entendu les premières notes du générique avec angoisse. Pourquoi donc avoir choisi cette musique ? Trait de génie ou énorme bourde, pas moyen de le savoir avant les fatidiques relevés d’audimat du lendemain matin. Effondré devant mon écran de télévision j’ai subi, plus que regardé, l’épisode numéro un qui s’appelait « Le vrai baiser ». Justine se demandait qui de Luc ou de Jérôme embrassait le mieux, et bien évidemment cela déclenchait une crise de jalousie terrible de la part de Jérôme. L’épisode se terminait sur le baiser triomphal de Justine et Jérôme sous les yeux exorbités d’Annette. Le vrai baiser, c’était celui là, un point c’est tout… Générique de fin. Le début de la page de pub fût un moment éprouvant. Le téléphone a commencé à sonner et cela ne s’est arrêté que tard dans la soirée. Chacun d’entre nous a du subir les commentaires acerbes et les compliments, en se demandant si ces derniers n’étaient pas un peu exagérés. Les premiers à appeler furent les parents, puis vinrent les amis, les connaissances et ceux qui étaient tombés dessus par hasard et à qui nous avions fait l’erreur de laisser notre numéro de téléphone. Jamais la diffusion d’une série ou d’un film dans lequel j’avais joué ne m’avait autant stressé. Je ne m’endormis que tard dans la nuit, attendant avec impatience de pouvoir téléphoner à AB le lendemain afin de connaître l’audimat que nous avions eu. Contre toute attente, l’audience fut excellente. Jean-Luc triomphait. Savait-il lui-même qu’il serait à la base d’une déferlante de sitcoms, je ne le crois pas. Du moins, pas à ce moment-là. Nous avions eu confiance en lui, quitte à renier nos idées, et nous avions bien fait. La diffusion du deuxième puis du troisième épisode confirma le succès débutant de la série. Dès lors, sur le plateau, la détende était revenue, nous naviguions tous vers le succès et nous espérions bien tenir une ou deux saisons de plus. Nous avons fêté ce succès dans un restaurant proche des studios. Ces dîners qui se renouvelleraient au rythme de deux ou trois par an devinrent ce que l’on appellerait désormais des Dîners de Prod. Ce soir-là, nous en avons profité pour faire nos commentaires à Jean-Luc, lui suggérant des situations qu’il notait ou rejetait. Mais nous lui renouvelions tous notre confiance. Il avait eu LA bonne idée au bon moment. L’ambiance était à l’euphorie, et la soirée fût alcoolisée. Tard dans la nuit, chacun rentra chez soi rassuré, en se préparant aux premières séances de photo organisée pour des journaux de télévision que Jean-Luc nous annonça pour les jours suivants. Nous attendions également avec impatience les premières critiques qui ne tarderaient pas à pleuvoir. Mais nous ne les craignions pas. Le public nous regardait et cela nous suffisait, ceux à qui nous ne plaisions pas pouvaient toujours changer de chaîne. Pendant dix mois, nous avions tourné sans croire à un éventuel succès de la série. Nous étions propulsés du jour au lendemain dans les tops de l’audimat. Le rythme de tournage s’accrut, passant d’un ou deux épisodes par semaine à deux ou trois. Le reste de notre emploi du temps fut habilement découpé par les attachées de presse d’AB qui nous baladaient d’une interview vers une autre, d’une séance de photo, vers un plateau de télé.